Enseignante belge, Veerle Masscheleyn travaille à Accra au Ghana, souhaitant « vivre sous un climat agréable et prendre le temps de vivre ». 

 

"Je suis une enseignante belge travaillant au Ghana, en Afrique de l’Ouest. En 2009, je suis venue ici avec ma famille pour éviter le stress quotidien et laisser une empreinte écologique limitée. Souhaitant enseigner, j’ai recherché un poste dans une école du gouvernement, ce qui ne fut pas une mince affaire. Finalement, avec l’aide de la National Association of Graduate Teachers (NAGRAT), j’ai été affectée à l’école secondaire technique presbytérienne d’Aburi, à une heure de la capitale Accra.  Je souhaitais enseigner dans une école du gouvernement car les écoles privées du Ghana n’offrent que des salaires peu élevés.

Tout était nouveau pour moi. Les premiers mois, tous les regards se portaient sur moi mais, deux ans plus tard, j’avais trouvé ma place au sein du groupe et aujourd’hui je me sens tout à fait acceptée. Toutefois, j’ai eu quelques problèmes financiers, vu qu’il m’a fallu 16 mois pour percevoir mon salaire. Un autre problème a été de m’adapter à ma classe. Les enfants belges sont critiques par nature et les enseignant(e)s sont donc formé(e)s à travailler de manière déductive. Ici, ce n’est pas le cas. Il m’a fallu une année de travail acharné pour familiariser mes élèves avec mes méthodes d’enseignement (discussions en classe, élaboration de projets, etc.). Mon objectif ultime est de développer l’esprit critique des adolescent(e)s vis-à-vis de choses ordinaires. Maintenant, j’ai l’habitude d’enseigner dans des classes de 65 élèves, voire plus, sans aucun confort moderne. Lorsqu’ils existent, les manuels scolaires sont souvent chers et inutiles.

Dans l’ensemble, le climat et le rythme de vie compensent largement tous les problèmes que j’ai pu rencontrer jusqu’à ce jour.  Et au moment où vous lirez ceci, je serai probablement en train d’enseigner à mes élèves un classique de la littérature tel que « L’importance d’être Constant ».