Enseignante canadienne, Damianne President a travaillé en Inde, au Soudan, au Japon et en République tchèque au cours de ces dix dernières années.

"J’ai travaillé à l’étranger pendant 10 ans. Lorsque j’étais étudiante, je n’avais jamais envisagé de travailler à l’étranger. Mais, j’ai décroché mon Baccalauréat en Education à un moment où les offres d’emploi se faisaient rares dans l’enseignement.  Je recherchais un emploi à temps plein pour pouvoir assumer mon autonomie et, par hasard, je suis tombée sur un salon de l’emploi proposant des postes dans des écoles internationales. J’y suis allée, alors que l’agence de recrutement m’avait prévenue que j’aurais peu de chance d’y trouver un emploi en tant que nouvelle enseignante, et me suis vue offrir trois postes : à Trinidad, en Colombie et en Inde, le dernier me paraissant le plus intéressant. L’école indienne était un établissement privé lucratif. Nous recevions un logement, un billet retour et un salaire. Tous les services étaient pris en charge. Toutefois, il était parfois difficile d’obtenir des ressources à l’école, ce qui nous rappelait en permanence que son objectif était de nature commerciale.
Après l’Inde, j’ai enseigné dans des écoles sans but lucratif au Soudan, au Japon et en République tchèque. Toutes étaient des écoles internationales enseignant un programme international. Les avantages comprenaient l’assurance médicale et le logement. Le Japon et la République tchèque offraient les meilleurs avantages, notamment une assurance pour les soins dentaires et ophtalmologiques, de même qu’une intervention de l’école dans les allocations de pension.
Mes trois premières écoles étaient des écoles primaires, où il y avait toujours quelque chose à faire. De nombreux collègues se plaignaient de la surcharge de travail, en raison de leur implication dans le développement du programme scolaire et d’autres initiatives ayant pour but d’améliorer l’école. Cela se traduisait par de nombreuses réunions et autres tâches en dehors de l’école. Le point positif de cette volonté d’améliorer l’école est la possibilité d’innover en classe, en accordant la priorité à la collaboration, à la création et à l’apprentissage authentique. J’ai eu la chance de pouvoir prendre la tête des initiatives auprès de mes collègues et de devenir un agent du changement particulièrement recherché dans les écoles internationales où j’ai choisi de travailler.
Pour moi, travailler dans une école internationale offre davantage de liberté pour enseigner. Je sais qu’il existe des écoles d’Etat proposant des programmes similaires, mais la bureaucratie aux États-Unis et au Canada me fait vraiment peur. De plus, si je devais retourner au Canada pour travailler dans des écoles publiques, je serais considérée comme une enseignante en début de carrière, et mon expérience ne serait pas prise en compte.  Rien que cela me dissuade de rentrer au pays. Un autre problème est que j’ai intégré la culture d’ici, je ne me sentirais plus vraiment chez moi au Canada."