Face à la crise économique, Alfredo Ramirez a quitté l’Equateur pour partir enseigner en Espagne.

Il est l’un des membres fondateurs de l’APROFERE (Asociación de Profesoras y Profesores Ecuatorianos Residentes en España) et Vice-Président de l’organisation.

« La dévaluation de la monnaie équatorienne m’a touché personnellement, et le pouvoir d’achat que m’offrait mon salaire mensuel a chuté de façon dramatique. Tous les produits et les besoins essentiels, le prix des vêtements et du transport, étaient affichés en dollars à des prix imposés par la mondialisation et modifiés par la monnaie étalon internationale. Face au chaos économique qui secouait le pays à ce moment-là, la seule option qui nous restait était d’immigrer dans un pays qui pouvait nous offrir de meilleures perspectives et qui nous permettait d’entrer sans visa.

Les enseignant(e)s équatorien(ne)s qui résident à l’étranger estiment que le gouvernement équatorien devrait nous autoriser à réintégrer nos postes afin que nous puissions retourner dans notre pays. Nous sommes parti(e)s en raison de l’effondrement économique de notre pays. En envoyant des fonds de l’étranger, nous aidons non seulement nos familles, mais également l’Etat, car ces transferts représentent la deuxième source de revenus après le pétrole, et a aidé l’Equateur à sortir de la crise. Mais d’un autre côté, le personnel équatorien ne peut pas enseigner en Espagne. Nos diplômes ne sont pas reconnus ici, même si nous avons été préparé(e)s et avons travaillé dans le système espagnol. De plus, en raison de la crise qui frappe toute l’Espagne, il n’y a pas de travail [au moment de cet entretien, le taux de chômage était de 27 %].

Sur le plan professionnel, les barrières qui se sont dressées devant nous en Espagne nous laissent un sentiment de déception. Après plusieurs années de préparation et d’efforts pour s’intégrer à la profession, même si le même système pédagogique est le même, vous n’êtes pas accepté dans l’enseignement parce que, selon eux, le diplôme n’est pas valable.

Il aurait été très utile de pouvoir reconnaître nos diplômes professionnels suite à un cours ou un atelier de courte durée. Après avoir été préparés au sein du système espagnol, il serait utile de pouvoir faire valoir notre développement professionnel acquis auprès d’instructeurs/trices ou de ressortissant(e)s espagnol(e)s formé(e)s ici. On devrait nous donner le même traitement ou de meilleures occasions de participer à des examens de la fonction publique. »