Nicole Thompson, enseignante originaire de Trinité-et-Tobago travaillant dans les îles Caïmans.

"Pourquoi le personnel enseignant a-t-il quitté les Caraïbes ? Nous sommes parti(e)s pour de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, un plus petit nombre d’élèves par classe, des possibilités plus flexibles, de meilleures qualifications, davantage de discipline parmi les élèves, une plus grande prédisposition à l’apprentissage, des élèves plus motivé(e)s par nature, une occasion de voir le monde, le changement personnel... la liste est encore longue.

En tant que professionnelle de l’enseignement travaillant à l’étranger, je pense qu’il est important de souligner que quitter son pays natal pour vivre et travailler ailleurs ne signifie pas pour autant un manque de patriotisme ou d’appréciation de son pays de naissance. Il s’agit plutôt d’un acte d’autodétermination et souvent d’un acte d’autopréservation. En fait, nous agissons souvent comme des ambassadeurs/drices dans nos nouveaux pays de résidence, qui exportent et partagent leur culture quand l’occasion se présente et qui, par conséquent, contribuent à développer les connaissances culturelles des élèves et des collègues de travail.

Si je me base sur mon expérience dans les Iles Caïmans, par exemple, sur une seule journée d’école, un(e) étudiant(e) peut rencontrer un(e) professeur(e) de mathématiques de la Trinité, un(e) professeur(e) de sciences venant d’Irlande, un(e) professeur(e) d’histoire de la Jamaïque et un(e) assistant(e) du Canada. Chacun(e) apporte ses convictions, ses valeurs et ses objectifs dans cet environnement d’apprentissage qu’est la classe."