Depuis plusieurs années, le syndicat de l’éducation Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW) soutient et participe à travers des initiatives nationales et locales organisées par ses membres sur le terrain, aux semaines internationales contre le racisme (Internationale Wochen gegen Rassismus).

Cette année, l’initiative se déroule du 13 au 26 mars avec plus de 80 organisations participantes sous la bannière « 100% dignité humaine, ensemble contre le racisme »("100 Prozent Menschenwürde - Zusammen gegen Rassismus").

Le 21 mars, Marlis Tepe, la présidente du syndicat, a participé à l’initiative ‘Prominent gegen Rassismus’, mettant en avant dans son intervention la responsabilité spéciale des enseignants et personnels de l’éducation et la nécessité de les soutenir dans ce combat. Le syndicat a aussi participé à la production d’un pack éducatif fournissant aux enseignants des ressources pédagogiques pour aborder la question du racisme en classe.

Le syndicat est engagé de longue date sur ces questions : dans les années 1990, il a soutenu la fondation du réseau "Schule ohne Rassismus – Schule mit Courage" (Ecole sans racisme – école avec courage), qui compte à présent plus de 2000 établissements scolaires.

La campagne en cours "Schule für alle" (l’école pour tous), développée en collaboration avec Jeunes sans frontières, les « conseils de réfugiés » et l’association Gelbe Hand concerne plus particulièrement le droit à l’éducation des réfugiés. Un prix est décerné chaque année à un étudiant en cursus professionnel qui se mobilise contre le racisme.

Plus d’informations sur les activités du syndicat GEW concernant la lutte contre le racisme sont disponibles ici (en allemand).

 

« Que dois-je faire si un camarade de classe cherche à m’intimider ou me harcèle parce qu'il croit que je suis sans papiers? », « Que dois-je faire si je vois un étudiant agressé ou harcelé parce qu'il/elle est Latino ou immigré(e)? », voici quelques-unes des questions qui pourraient rester sans réponse pour les étudiants et enseignants confrontés à l'intimidation scolaire et au harcèlement fondés sur l'origine ethnique, l'origine nationale ou le statut d'immigration.

Pour répondre aux nombreux cas de harcèlement dans les écoles signalés dans les semaines suivant l'élection présidentielle, dont beaucoup en lien avec le statut d'immigrant réel ou perçu d'un élève, le syndicat NEA et l’organisation MALDEF ont publié une foire aux questions offrant des réponses aux étudiants, aux enseignants et aux services sociaux sur les droits des personnes souffrant d'intimidation ou de harcèlement et ce qui peut être fait pour résoudre le problème.

Le guide invite également les lecteurs à contacter MALDEF pour signaler tout incident qui ne ferait pas l’objet d’une prise en charge adéquate au sein d’un établissement, en écrivant à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le guide existe également en espagnol.

 

Le Commonwealth est une organisation regroupant plus de 50 pays, supposés respecter des valeurs communes et des principes fondamentaux. Au fil des ans, dans le cadre des réunions des ministres de l’Education du Commonwealth, plusieurs organisations d’enseignant(e)s affiliées à l’IE ont coopéré dans le cadre de diverses activités visant à promouvoir l’éducation et les droits humains et à mettre en lumière certaines des politiques clés de l’IE. Quelques organisations ayant participé à des réunions informelles dans le cadre du Congrès mondial de l’IE organisé à Jomtien en 2001, se sont mises d’accord pour qu’un projet de document soit élaboré en vue de créer un groupe des enseignant(e)s du Commonwealth pour les syndicats membres de l’Internationale de l’Education. Parmi ces organisations, citons l’Australian Education Union (AEU), la All India Federation of Teachers’ Organizations (AIFTO), la Caribbean Association of Teachers (CAT), la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants (FCE), le National Union of Teachers (NUT) et le South African Democratic Teachers’ Union (SADTU). En 2005, le Bureau exécutif de l’IE a officiellement accepté la création du Groupe des enseignant(e)s du Commonwealth, lancé lors du Forum des enseignant(e)s organisé dans le cadre de la 16e Conférence des ministres de l’Education du Commonwealth, où sa constitution a été adoptée.

 

Le GEC exerce, sous l’égide de l’IE, plusieurs fonctions importantes, la plus notable de ses réalisations jusqu’à ce jour étant probablement l’établissement du Protocole du Commonwealth pour le recrutement des enseignant(e)s.

Ce protocole a réellement un impact dans le Commonwealth et ailleurs. Le National Union of Teachers (Royaume-Uni) signale que moins de migrant(e)s rencontrent des difficultés et que les dispositions du Protocole concernant les systèmes éducatifs fragiles semblent avoir un impact. Le Kenya et le Rwanda, pays non membre du Commonwealth, se sont tous deux basés sur le protocole pour assurer la gestion du recrutement de professeur(e)s d’anglais par le Rwanda. L’UNESCO et l’Organisation internationale du travail (OIT) soutiennent ce protocole.

Références bibliographiques

Sinnott, Steve. “The Commonwealth Teachers’ Group – Vision and Mission.” Commonwealth Education Partnerships (2007): 206-208. 

 

Le syndicat de l’éducation NUT (Royaume-Uni) a produit une brochure compilant différentes initiatives et sites offrant des ressources pédagogiques souhaitant aborder le racisme avec leurs élèves en classe.

Ce document comprend notamment:

  • Un pack éducatif pour combattre le racisme contemporain et éduquer contre les dangers des groupes d'extrême droite, produit en collaboration avec l’organisation britannique "Show Racism the RED card";
  • Un guide SERTUC sur les migrations et la démographie intitulé «Vérité, mensonges et migrants»;
  • Un pack éducatif sur l'islamophobie, produit par "Show Racism the RED card";
  • Un plan de cours de la BBC qui remet en question les attitudes négatives envers les immigrants pour les élèves du secondaire;
  • Une leçon du British Council sur l'immigration pour les plus de 12 ans;
  • Une boite à outils pédagogique sur la migration et le développement développée par la Croix-Rouge britannique;
  • Quatre activités pédagogiques sur l'immigration pour les élèves du primaire et du secondaire, par l'Association Géographique;
  • Un flyer Unison pour contrer les mythes concernant l'immigration

Au milieu des années 1980, l’Independent Education Union (IEU) de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, a joué le rôle d’organe de coordination des échanges entre enseignant(e)s, en collaboration avec des organisations partenaires au Canada et au Royaume-Uni, ainsi qu’avec des écoles européennes internationales. Au cours de l’année scolaire, des enseignant(e)s de deux pays procèdent à un échange direct de leur poste et de leur domicile, et retrouvent ensuite leurs classes initiales au terme du programme. Les participant(e)s doivent posséder une expérience d’au moins cinq ans d’enseignement et, afin de garantir l’équivalence des cours dispensés, il leur est demandé d’être pleinement qualifié(e)s pour enseigner les cours dispensés par leurs homologues et correspondre à leur niveau de qualification. A l’étranger, chaque enseignant(e) conserve son statut professionnel auprès de l’école d’origine et continue à percevoir un salaire et des avantages identiques à ceux qui lui auraient été octroyés dans son pays.

 

Le syndicat, en partenariat avec des organisations étrangères, passe en revue les candidat(e)s entrant(e)s et sortant(e)s afin de rechercher les homologues qui correspondent le mieux à leur degré de qualification. Après identification de la personne appropriée, le syndicat se porte garant pour l’octroi du visa à l’homologue étranger(e). L’IEU assure également l’encadrement des enseignant(e)s au début de leur séjour afin de leur permettre de s’acclimater au système éducatif australien et organise, pour les effectifs désireux de séjourner à l’étranger, une réunion préalable à leur départ avec des candidat(e)s récemment de retour au pays. L’un des principaux avantages de ce programme d’échange entre enseignant(e)s est que leur affiliation au syndicat est assurée durant leur séjour à l’étranger et qu’au travers d’accords conclus entre les syndicats des pays partenaires, ils/elles bénéficient d’une représentation complémentaire dans le pays d’accueil en cas de problème. A l’identique, l’IEU s’engage à représenter le personnel enseignant étranger séjournant en Australie. 

Si l’on excepte la difficulté à trouver des effectifs correspondants et le temps consacré à satisfaire les préférences en matière de résidence et de logement, le syndicat estime que ce programme présente de nombreux atouts pour les enseignant(e)s et l’organisation elle-même. Il indique, en outre, que ce système d’échange proposé aux membres a permis à la fois d’accroître leur nombre et de renforcer leur engagement. Les participant(e)s expliquent au syndicat que ce programme a permis de raviver leur flamme pour l’enseignement et que, à l’instar de la direction, il leur a apporté des enseignements considérables.

« Ma famille et moi-même sommes partis aux Etats-Unis l’an dernier dans le cadre de ce programme d’échange (2012). Le syndicat s’est avéré particulièrement utile dans le cadre de nos démarches et nous a prodigué des conseils fiables. Affilié de longue date au syndicat, quoique nos interactions soient limitées, j’ai eu l’opportunité de le voir agir sur le terrain et soutenir ses membres. Sans son aide et ses conseils, je n’aurais jamais eu la chance de réaliser un tel projet. D’autre part, offrir ce type d’opportunité aux membres encourage la discussion collégiale sur les valeurs et la nécessité de s’affilier à une organisation syndicale, tout en aidant au recrutement de nouveaux/elles affilié(e)s et en contribuant à réaffirmer la position des membres existant(e)s. »

--Ben Arthurs, enseignant revenu de l’étranger

Ce programme d’échange direct entre enseignant(e)s leur offre l’occasion de découvrir un nouvel environnement pour une courte durée, tout en conservant leur sécurité d’emploi à leur retour. Ce type de défi professionnel a un bel avenir devant lui et permettra d’inciter ceux et celles à mi-chemin dans leur cheminement professionnel, de poursuivre leur carrière dans l’enseignement. De par leur réciprocité, ces échanges directs permettent d’éviter les pertes de ressources que l’on observe parfois dans d’autres modèles de migration du personnel enseignant. Cet équilibre entre capital humain et ressources financières qui existe entre les deux pays offre un modèle durable pour la mobilité des enseignant(e)s.