Chris Keats, Secrétaire générale de la NASUWT (National Association of Schoolmasters Union of Women Teachers), a cherché à attirer l’attention sur les pratiques des agences britanniques proposant des suppléant(e)s et sur les conditions d’emploi précaires de leurs effectifs.  

« Les pratiques de nombreuses sociétés écrans offshore sont particulièrement préjudiciables aux enseignant(e)s suppléant(e)s, contraint(e)s de signer des contrats douteux les privant de leurs droits juridiques fondamentaux, et permettent à ces agences d’échapper à l’impôt et de se soustraire à leurs responsabilités en matière d’assurance. » (NASUWT, 2013)

Sur l’ensemble des suppléant(e)s travaillant au Royaume-Uni, la plupart sont des enseignant(e)s qualifié(e)s provenant de l’étranger, pour lesquel(le)s les postes de remplacement sont quasi la seule option qui leur est offerte en l’absence du Statut d’enseignant(e) qualifié(e).   

Le recrutement de suppléant(e)s à l’étranger a fortement augmenté à la fin des années 1990, la plus grande pénurie d’enseignant(e)s ayant été enregistrée à Londres (Warner 2010). Bien que des données tangibles ne soient pas disponibles, une étude financée par le DFES, réalisée en 2006 auprès de 1 554 remplaçant(e)s, comptait 126 enseignant(e)s formé(e)s à l’étranger, un nombre relativement représentatif. Le recrutement international de suppléant(e)s a permis une plus grande flexibilité pour pourvoir les postes vacants, en particulier dans les écoles réputées les plus difficiles, malgré les problèmes liés aux « chocs culturels » (Maylor et al., 2006). 

La NASUWT a recensé de graves problèmes concernant les pratiques des agences offrant du personnel de remplacement, tels que les clauses d’obligation et les listes noires reprenant les enseignant(e)s s’étant plaint(e)s de leurs conditions de travail.  Des entretiens avec des enseignant(e)s migrant(e)s sud-africain(e)s ont permis d’identifier des problèmes concernant les pratiques et les contrats des agences britanniques proposant des remplaçant(e)s, comme l’omission systématique d’informer les candidat(e)s d’un prélèvement sur leur salaire quotidien, en plus des frais payés par les écoles (Manik, 2010). Un migrant de retour au pays a déclaré : « Les agences ? Des arnaqueurs et des voleurs ! L’école payait 175 £ par jour par enseignant, alors que l’agence ne payait que 90 £ à l’enseignant(e) » (voir lien ci-dessous). De plus, les enseignant(e)s n’ont pas été pas informé(e)s du fait que, en raison de la nature temporaire de leur poste à l’école, ils/elles n’auraient pas droit au paiement des congés de maladie, ni à des vacances annuelles. Ils/elles se retrouvaient avec un statut d’ouvrier(e) travaillant à l’heure et risquaient, en outre, une diminution de leurs heures en cas de réclamation. 

Références bibliographiques

Manik, Sadhana (2010) “Covert Research: Don’t Throw the Baby Out with the Bathwater”,  University of Kwa-Natal, Durban, South Africa.

National Association of Schoolmasters Union of Women Teachers (NASUWT), « Teachers being exploited by unscrupulous supply agencies » Communiqué de presse, 9 mars 2013. 

Warner, Lionel. « Overseas Trained Teachers: Part of a Problem or Part of a Solution? » Teacher Education Advancement Network 1 (2010).