Accueilli par la Turquie, le sommet, tenu les 23 et 24 mai, réunissait la communauté internationale afin de réaffirmer la solidarité envers les peuples en situation de crise.    

Selon les organisateurs/trices de l’événement, les besoins humanitaires atteignent aujourd’hui un niveau inégalé depuis la Seconde Guerre mondiale. Cent vingt-cinq millions d’individus ont besoin d’une aide humanitaire depuis le début de l’année 2016. Plus de 60 millions de personnes ont été déplacées par la force.  

Le syndicat Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft (GEW), affilié allemand de l’Internationale de l’Education, est co-signataire d’une lettre ouverte de la German Global Campaign for Education (GGCE) à l’attention de la Chancelière allemande Angela Merkel, du ministre fédéral des Affaires étrangères Steinmeier et du ministre fédéral de la Coopération économique et du Développement Müller. Le courrier invite le gouvernement allemand à défendre l’importance de l’éducation au cours du sommet et à démontrer son engagement en garantissant un financement adéquat.  

Les signataires rappellent au gouvernement que « le droit à l’éducation vaut pour toute personne et à tout moment – y compris en temps de catastrophes, de crises et de conflits ». Ils défendent un accès libre et non discriminatoire à l’éducation, au profit des enfants affectés par des situations d’urgence. Comme le revendique le courrier, « offrir cette chance à chaque enfant est une réponse importante et nécessaire à la crise des réfugiés dans le monde ».  

La GGCE se félicite du fait que le gouvernement allemand considère la promotion de l’éducation comme l’un des piliers de sa politique en matière de questions humanitaires et à l’égard des réfugié(e)s. Le syndicat estime toutefois que la démarche ne devrait pas se limiter à des efforts bilatéraux mais prendre une dimension multilatérale coordonnée.    

Avec la création du fonds Education Cannot Wait dans le cadre du sommet à Istanbul, les signataires demandent que les investissements du gouvernement allemand répondent à certains des défis les plus poignants posés à l’éducation en période de crise:    

  • Plus de 75 millions d’enfants âgés de 3 à 18 ans n’ont pas accès à l’éducation en raison de catastrophes telles que les crises et les conflits
  • Plus de la moitié des enfants syriens vivant comme réfugiés dans des pays voisins ne sont pas scolarisés  
  • Selon l’Overseas Development Institute (ODI), au moins 8,5 milliards de dollars américains sont nécessaires pour permettre aux 75 millions d’enfants déscolarisés d’accéder à l’éducation
  • Ces 10 dernières années, 2 pour cent à peine des ressources mobilisées dans le contexte de l’aide humanitaire étaient destinés à l’éducation.  

La GGCE appelle à un investissement « proportionnel à la puissance économique de l’Allemagne » d’au moins 50 millions d’euros au profit du fonds Education Cannot Wait. Elle demande à ce que cette enveloppe soit ajoutée aux ressources existantes en faveur de l’aide humanitaire, et non déduite de ces dernières.