L’IE  lance aujourd'hui à Beyrouth un nouveau rapport (en anglais) de Francine Menashy et Zeena Zakharia (Université du Massachusetts, Boston) explorant les relations complexes entre les situations de conflits et la participation du secteur privé à l'éducation à travers une étude de cas de l'éducation des réfugiés syriens.

Les résultats de la recherche révèlent le rôle croissant des acteurs privés dans l'éducation des enfants réfugiés et mettent en évidence les tensions éthiques entre les motivations humanitaires et les la recherche de profits dans les contexte de crise et de déplacement forcé.

Selon la recherche, 144 acteurs non étatiques participent actuellement à l'éducation des réfugiés syriens en Jordanie, en Turquie et au Liban, dont 61 sont des groupes et des fondations privées, la majorité basée dans les pays occidentaux.

Les acteurs privés ont des priorités et des objectifs différents - certains invoquant explicitement des arguments axés sur les profits pour justifier leur implication dans l'éducation des enfants réfugiés –, cela aboutissant à une réalité scolaire hétérogène. La coordination est jugée insuffisante par de nombreux acteurs sur le terrain, entraînant des interventions éducatives redondantes, désorganisées ou déséquilibrées. En l’absence de consultation des acteurs locaux, y compris le ministère de l'éducation, les enseignant(e)s ou les syndicats d'enseignant(e)s, les acteurs privés ne connaissent pas suffisamment les réalités du terrain, condition nécessaire à une mise en œuvre réussie des initiatives scolaires.

L'étude montre que près de la moitié des acteurs privés impliqués dans l'éducation des réfugiés syriens promeut l’usage de technologies éducatives, souvent décontextualisées par rapport à la réalité sur le terrain, aussi bien en termes de contenu, de forme, de résultat et de besoins.

Enfin, les éléments recueillis à travers l’étude indiquent un rôle croissant des acteurs privés en tant que décideurs-clés dans le domaine de la politique de l'éducation, au détriment des processus décisionnels démocratiques et transparents.

Les chercheurs ont identifié un certain nombre de recommandations soulignant le devoir de l'État en ce qui concerne les droits des enfants réfugiés syriens, y compris la fourniture d'une éducation publique de qualité gratuite.

Le rapport est disponible en anglais et en arabe.